mercredi 9 mai 2007

PARTIE 1 à 2 I TRANSITION

CONCLUSION PARTIE 1

Au cours de cette première partie, nous avons établi plusieurs fiches thématiques qui nous ont permis de dresser un portrait de la situation actuelle de l’urbanisme dans nos villes françaises. De nombreuses mutations ont actuellement lieu et expliquent plus clairement comment un exemple tel que celui cité en début d’introduction peut ainsi aujourd’hui se produire.
En effet, la ville évolue et se transforme, dans ses échanges, avec la présence et l’usage croissant du numérique. La forme urbaine n’est plus uniquement définie architecturalement, mais structurellement par les échanges et les flux, physiques et numériques, qui ont lieu en son sein. Ces réseaux dessinent les centres urbains.
Lorsque l’on étudie l’espace urbain, c’est la société que l’on étudie en réalité. La société contemporaine est une somme d’individus « hypertextes », dont les relations sociales ne sont plus exclusivement définies par le voisinage, la famille et le milieu professionnel, comme à l’ère de la société industrielle. En effet, l’individu de la société de l’information est un nœud entre plusieurs réseaux sociaux qui dépassent les frontières géographiques et temporelles locales et deviennent globaux. Dans ces conditions, les comportements de l’individu influe sur l’espace public urbain dans les usages qu’il en fait et fabrique de l’espace public mobile. L’usage quotidien et répandu des TIC et les relations qu’il tisse au travers peuvent également constituer une manière de se réapproprier l’espace public, dont ils font usage pour commenter, montrer leur mécontentement face à la société dans laquelle ils vivent. C’est un moyen d’expression dans l’espace public, porteur d’enjeux globaux à l’échelle locale.
On se rend compte que l’on ne peut dissocier l’espace public virtuel, produit par les usages et l’appropriation du Web, de l’espace public physique. Ces deux espaces s’interpénètrent, se chevauchent, se superposent et impactent sur l’évolution de l’un et de l’autre. L’espace et l’e-space convergent et génèrent de nouvelles problématiques dans un espace public à la logique double : l’espace physique et l’espace des flux, que l’on ne peut dissocier. Cet espace public « hybride » modifie et enrichit les comportements et les modes d’interaction de l’individu à son environnement.
Parallèlement, les villes mettent en place des initiatives nouvelles et s’engagent vers de nouvelles stratégies urbaines, vers un « urbanisme flexible », qui transforme les villes en villages géants, intégrant les notions numériques, conscient de la nécessité d’un développement durable de la ville. Ce qui fait une ville, ce sont ses habitants. La re-découverte de l’espace public par le citadin est nécessaire pour le réconcilier avec sa ville, créer un lien affectif et ajouter de la valeur qualitative. Le numérique constitue un élément de réponse simple face à ses problématiques urbaines nouvelles.
Sous l’essor des réseaux haut débit sans fil urbains et du foisonnement grandissant des objets connectés (personnels et publics), de nombreux services publics ont déjà muté. Dans les domaines de la mobilité, du tourisme, de la publicité, de l’information de quartier et des services publics administratifs, les villes et acteurs urbains tapissent l’espace public de services et produits transformés par le potentiel d’usage et d’innovation des TIC. Mais les propositions restent caricaturales et « lourdes », il ne s’agit que des balbutiements et d’autres scénarii d’usage et d’autres modalités interactions sont possibles.
Enfin, face à ces nombreuses évolutions technologiques et sociétales, la création de services urbains adaptés à l’espace public tel qu’il est aujourd’hui pratiqué, nécessite un renouvellement dans les processus de conception. L’usager, le citadin est au centre des projets et services urbains et les process actuels de création deviennent transversaux.

Aujourd’hui, la conjugaison des flux et réseaux urbains, des objets et individus connectés (et de leur comportement) dans l’espace public modifie la pratique de la ville, le statut, la forme et la représentation de l’espace public. La ville tend à s’utiliser comme le Web aussi bien par les services et interfaces proposées, centrées et tournées vers l’utilisateur que dans l’approche sociale, communautaire et collaborative des réseaux. (de manière libre et spontanée, grâce à des outils participatifs simples d’utilisation et appropriables facilement et une accessibilité qui se généralise)



INTRO PARTIE 2
Dans cette seconde partie du mémoire, je vous propose de nous intéresser à la création actuelle et aux usages nouveaux dans l’espace public, en gardant en tête les observations, analyses, notions et problématiques dégagées en première partie.

« Nous approchons peut-être d’un moment de crise de la vie urbaine, et Les Villes Invisibles sont un rêve qui naît au cœur des villes invivables. »
« Les villes sont des lieux d’échanges […], mais ce ne sont pas seulement des échanges de marchandise, ce sont des échanges de mots, de désirs, de souvenirs. » (préface)
>> commencer cette partie sur un passage du livre Villes Invisibles de Italo Calvino, car ce livre parle des villes contemporaines occidentales, mais sous l’anonymat d’utopies. Il soulève des problématiques d’urbanisme et lie la ville, dans sa forme, ses signes, son organisation, aux désirs, à l’imaginaire. Ce livre sert de vecteur et de référence pour la réflexion dans cette partie.
>> question des désirs, mais désir non pas l’image et l’imagerie créée par les sphères du marketing, les désirs de chacun et la responsabilité que l’on en a en tant que créateur
cf. Bernard Stiegler, philosophe et écrivain, L’avenir du désir

Les mutations sociétales modifient les comportements, les relations sociales et la manière d’appréhender l’espace public urbain. La réflexion dans cette seconde partie est basée sur le renouvellement de la créativité et sur l’imaginaire comme vecteur de création dans l’espace public pour l’adapter aux modes de vies et aux états d’esprit actuels des citadins. L’objectif est de mettre en évidence les usages décalés, inattendus qui sont souvent à la base de l’innovation d’usage et de comprendre comment et autour de quelles notions vues précédemment ils s’organisent, sur quelles technologies ils s’appuient, selon quelles modalités, etc.
L’enjeu est double. Dans un premier temps, il s’agit d’ouvrir des possibles et permettre de penser la ville différemment, en s’appuyant sur l’analyse effectuée dans la partie 1 pour mieux comprendre, afin d’y créer des propositions différentes, nouvelles. (concevoir de manière nouvelle les projets urbains)
A travers l’observation et l’analyse d’exemples concrets de projets et d’expérimentations, l’enjeu est également d’interroger le regard du créateur urbain et de définir le rôle et la place du designer dans ce domaine d’intervention, où il n’a a priori pas de réel statut (ou alors celui d’un décorateur, d’un habilleur, qui dessine le mobilier urbain, l’éclairage public).

J’ai pris pour habitude, à partir de mon premier passage à l’ADN de l’Ensci, de collecter une somme de projets et d’expérimentations, à mon sens, pertinentes dans leur approche du numérique et de l’innovation par le design numérique. Cela me permet de rester informée des technologies employées nouvelles (cela varie et s’expanse rapidement) et d’observer les tendances et comportements des usagers, qui sont modifié par les phases d’appropriation ou de gestation de telle ou telle technologie ou tel ou tel service. Lorsque j’ai commencé à travailler sur ce mémoire, lors de la phase de recherche du début du mémoire, j’ai collecté avec ferveur et commenté une somme de projets / expérimentations qui témoignent, selon moi, d’un renouveau de la création et de l’usage dans l’espace public. Je propose ici dans cette seconde phase de mémoire, d’en établir une analyse ordonnée qui nous permettra d’extraire et de mettre en avant des piste de réflexion et de création.

J’ai construit les chapitres de cette partie de manière à pouvoir mettre en parallèle des projets et expérimentations réalisés et concrets, et une réflexion plus générale sur l’usage de l’espace public, basée sur les observation et l’analyse faite des projets présentés. Ainsi le texte du mémoire est ponctué par des « pages – fiches » présentant ces exemples précis. Pour chacun de ces projets, la démarche a été de décrire et interroger l’exemple pour mieux le comprendre et en saisir les enjeux, notamment concernant l’objet de cette étude : qui créé ? pour qui ? et où, dans quel contexte urbain (politique, économie, histoire et social) ? Quel en est l’enjeu (ou les enjeux) ? Quel usage et quelle modalité d’interaction ? Enfin quelles sont les problématiques et questions soulevées ? Quelles en sont les conséquences ? Comment aller plus loin ?

Cette seconde partie est un souffle et propose une manière différente d’aborder la ville et ses usages, en suggérant une autre manière de regarder le quotidien urbain, de penser la ville et donc de créer différemment. Comment la convergence entre espace et e-space et l’usage de médias géolocalisés entraînent-ils de nouvelles représentations et de nouvelles relations sociales, mêlant imaginaire et service fonctionnel ? La ville numérique est un espace dans lequel l’individu interagit de manière nouvelle avec son environnement. La perception augmentée et la ville en tant qu’interface constituent-elles une base créative ? Jeu, loisir, rêve et désir, est-il possible de penser la ville différemment ?

L’imaginaire et le numérique permettent-ils de renouveler la pratique urbaine ?

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