vendredi 31 août 2007

Partie 1a // RÉSEAUX NUMÉRIQUES ET DÉVELOPPEMENT URBAIN

partie 1a // v.2


Comment la ville est-elle construite ?
Quel est le lien étroit entre les réseaux d’échanges et l’organisation de la ville ?
Quel est l’apport du numérique et des technologies de télécommunication et de l’information dans la structuration complexe de la ville ?
Quelle en est l’incidence sur l’espace physique de la ville ?


« L’histoire de la ville est rythmée par l’histoire des techniques de transport et de stockage de biens, infos et personnes » (François Ascher, Les nouveaux principes de l’urbanisme)
La forme de la ville, sa taille et son taux d’accroissement dépendent de sa capacité d’accueil et de gestion des personnes qui s’y regroupent, ainsi que des activités qu’elles y ont. La ville se définit comme un réseau complexe en expansion constante, où circulent flux de biens, d’infos et de personnes.
Les échanges, qui sont de natures diverses (échanges commerciaux, financiers, sociaux, etc.), physiques ou intangibles, dessinent des réseaux qui structurent la ville et en définissent la forme. Ainsi les moyens mis en œuvre pour optimiser ces échanges et les progrès techniques puis technologiques influent sur l’organisation de la ville.


LES RESEAUX STRUCTURENT LE TERRITOIRE URBAIN
Au fur et à mesure de mes recherches, je comprends rapidement que les infrastructures de transport et les réseaux de communication sont en étroite corrélation avec la croissance et le développement urbains. Cet aspect de l’urbanisme m’intéresse particulièrement pour cette étude, car il me permet de mieux comprendre l’usage, ou plutôt les usages, de l’espace urbain et la manière dont ceux-ci évoluent.
En effet, comme l’explique Richard L. Meier, «la croissance des villes s’est toujours accompagnée d’une augmentation des réseaux de communication, des informations - et parallèlement des systèmes qui les contrôlent.» Selon lui, il s’agit même de la raison d’être de la ville et de ce qu’il s’y produit. Les possibilités de communication et de déplacement rythment le développement économique1 de la ville, l’utilisation de l’espace urbain et les relations entre les citadins, et par conséquent son expansion. De la même manière, la réciproque se vérifie : le développement urbain entraîne des modifications et des innovations dans le domaine des réseaux de communication, de transports et d’énergie, qui se multiplient pour mieux répondre aux besoins d’échanges entre les différents pôles de la ville.

Pour ce mémoire, j’ai choisi de concentrer les recherches et l’analyse autour des réseaux de communication, plus que sur les réseaux de transports ou d’énergie. Ils sont particulièrement signifiants des usages citadins et des modes de vie, et soulignent des tendances lourdes, à la fois politiques, économiques, sociales et techniques, au niveau de l’implantation des TIC dans l’espace urbain. A travers un court récapitulatif historique des communications dans le milieu urbain, nous allons nous intéresser à la transformation des réseaux de communication « traditionnels » en réseaux numériques qui offrent aujourd’hui une communication sans fil (à terme) omniprésente.

Dans la société urbaine industrielle, les principaux canaux de communication des informations étaient les écrits imprimés. La parole venait en second, par le téléphone et les ondes radio, puis les images visuelles, grâce à la télévision. Les années 1970, mais surtout 1980 et 1990, amèneront la démocratisation de l’usage d’Internet, réseau maillé de télécommunication (développé au départ à des fins militaires) tout d’abord approprié par les universités américaines pour la mise en commun de contenu et la diffusion par paquets d’informations spécifiques, mais aussi pour l’envoi de courrier électronique, puis ouvert au trafic commercial. L’avantage de ces liens de communication est qu’ils se superposent au territoire et se répandent à l’échelle planétaire. Le réseau Internet, autrement appelé entre autres le Net, se généralise, notamment avec l’adoption du protocole WWW (World Web Wide), la Toile du Net que nous connaissons aujourd’hui, illustration symbolique de la globalisation et la mondialisation actuelle. Cette application du réseau technique mis à disposition le rend plus familier et l’ouvre au « grand public ». Ainsi le réseau Internet, à travers des applications « qui parlent à tous », tels que le Web, l’échange de courrier électronique, l’échange de fichiers d’ordinateur à ordinateur, la messagerie instantanée, et aujourd’hui, la téléphonie via le Net se popularise, transformant petit à petit cette société industrielle en société de l’information. Parallèlement, il apporte de nombreux changements dans les réseaux de communication et propose des innovations techniques et technologiques concernant les échanges et les supports de l’information. Internet est un support offrant la possibilité d’échanger à l’échelle mondiale, non seulement informations personnelles mais surtout des données de tout ordre, de manière massivement gratuite (ou peu coûteuse).
Internet, et plus particulièrement le Web, est considéré, dans notre société de l’information, comme un média, au même titre que les journaux, la TV ou la radio. Mais la structure du Net diffère de médias grand public jusqu’alors utilisés et le distingue ainsi par les formes d’usages qui en sont faits. La télévision, la radio et les journaux fonctionnent selon un principe de diffusion de l’information « du Haut vers le Bas », que l’on nommera « de type broadcast ». Le Net a une tout autre structure technique et organisationnelle qui permet à l’utilisateur de produire et diffuser un contenu, contrairement aux médias informationnels traditionnels. Ce réseau d’échanges transversaux apporte des modifications majeures dans les principes de communications et d’informations, mais aussi dans les technologies de réseaux. L’information ne constitue plus une propriété, mais un flux pouvant être alimenté et capté depuis n’importe quel point du maillage. Les différents médias traditionnels, radio, TV et journaux, retrouvent leurs homologues médiatiques sur le Web, avec la différence majeure qu’ils intègrent la composante de l’utilisateur (à qui est destiné l’information) actif et participatif. Par exemple, les journaux éditent leur contenu à la fois sur papier et sur page Web, sur laquelle le lecteur accède gratuitement et a la possibilité de commenter et échanger autour d’une information ainsi enrichie. Aujourd’hui les outils s’étant développés et modernisés, l’utilisateur peut posséder chez lui du matériel hardware et software3 semi professionnel lui permettant de mettre en ligne et de diffuser du contenu de qualité élevée, de manière participative, notamment via l’usage des blogs (journaux personnels virtuels), des podcasts, radios et TV du Web (émissions télévisées ou radiophoniques éditées et diffusées à la fois par les grands groupes médiatiques, mais aussi par les particuliers). Cet échange de contenu, à travers le monde, nécessite le développement de réseaux techniques haut débit pour permettre l’émission et la réception de contenus élaborés et complexes, incluant image, texte et son, non statiques, en temps réel, sans cesse actualisés, dans un souci de qualité et de fluidité.
Ce rapide descriptif de l’Internet me paraît nécessaire pour mieux comprendre son enjeu principal de base : les interactions sociales possibles avec un réseau d'ordinateurs.

Parallèlement, le rythme de vie des citadins au sein d’une ville moderne en pleine expansion a nécessité dans les années 1990 le développement de la communication mobile. Au début, ces technologies étaient relativement simples, car elles étaient gérées par peu d’opérateurs, les services étaient ciblés et peu diversifiés et il existait encore peu de typologies de terminaux finaux pour recevoir ces informations télécommuniquées. Le système était ainsi cadré et hiérarchisé. Depuis, les technologies sans fil et mobiles se sont développées (jusqu’à devenir banales). « Les technologies sans fil utilisables par les particuliers et les entreprises ressemblent à un mille feuilles de plus en plus dense : à côté des réseaux cellulaires (GSM, GPRS, EDGE, UMTS, normes les plus répandues en Europe), on trouve le WiFi et le WiMax, UWB (Ultra Wide Band) et le Bluetooth et différentes variétés de DVB pour la diffusion audiovisuelle vers des mobiles, etc. » 4 Malgré la multitude de réseaux et protocoles techniques, le développement de ces technologies mobiles sur le territoire urbain n’est pas aussi impactant, tant au niveau technique qu’au niveau de l’aménagement physique, que celui des transports ou de l’énergie, mais modifie considérablement les comportements urbains. Les communications urbaines utilisent des liens en majorité invisibles et simples (câbles enterrés, canaux hertziens, ondes radios et données satellitaires) ; elles ont également quelques éléments périphériques apparents, comme les lignes de fils téléphoniques (dans les secteurs à faible densité) et antennes extérieures, relais satellitaires pour téléphone mobile GSM, ou encore et de plus en plus, les bornes-relai WiFi ou WiMax par exemple.
Le paysage des technologies de communication ne cesse d’évoluer, la téléphonie mobile transformant l’espace public, notamment dans l’organisation des transports et de la mobilité. D’une part, les supports de réception et d’émission d’informations se diversifient, se multiplient et exigent des technologies d’échange toujours plus performantes : ce sont des objets devenus personnels et mobiles, objets hybrides regroupant des fonctions de communication orale, écrite et visuelle ainsi que des fonctions annexes, telles que la prise de vue, le lecteur de musique, liées à des usages mobiles. D’autre part, les réseaux sont exploités par plusieurs prestataires de services différents, ce qui entraîne une baisse des coûts et une explosion des volumes. Ce mouvement de décloisonnement s’opère rapidement, car les technologies sont sans cesse renouvelées, dépassées par de nouvelles technologies plus performantes, à la fois en terme de couverture géographique, de débit de transfert des données, de caractéristiques des communications qu’ils rendent possibles, de capacité à gérer un grand nombre d’utilisateurs, de coût d’accès.
Les usages de l’Internet, traditionnellement « at home » ou « at work », deviennent possibles à l’extérieur, dans l’espace public, de manière personnelle, mais aussi collective. Les réseaux de communication s’attachent aujourd’hui à pouvoir diffuser et transmettre l’information à l’intérieur comme à l’extérieur (en bref, là où l’usage est nécessaire), sans ruptures et sans fil, sur une vaste zone géographique. Avec la multiplication des objets communicants, l’architecture des réseaux évolue : nous sommes passés d’un schéma d’organisation où il y avait plusieurs stations de base, agissant comme des relais radio (triangulation) à un schéma de réseau « maillé », où chaque terminal personnel mobile devient un élément du réseau (ad-hoc). Les réseaux de communication « pervasifs », c’est-à-dire omniprésents, connectant personnes à personnes, objets à personnes, objets à objets, de manière autonome, sont une réalité en train d’émerger. Les technologies haut débit sans fil se mettent en place dans certaines villes, mais les réseaux restent trop locaux et trop peu répandus. Après être restée longtemps dans l’indifférence (pour des raisons économiques et historiques lourdes – poids de l’entreprise nationale France Télécom et succès du réseau Minitel), la France s’équipe en infrastructures de réseau de télécommunications haut débit et sans fil.
Dans le livre Mobilités.net est citée l’histoire du Seattle Wireless, mis en place en 2001 : « un petit groupe de militants férus de technologie s’approprient une norme technique peu utilisée (seul Apple l’avait utilisée pour ses réseaux Airport) pour lancer le pari fou de créer un nouveau réseau, large bande, sans fil, pour les citoyens » Cette anecdote montre comment les habitants eux-mêmes peuvent « créer un réseau spécifique, répondant à leurs besoins, devançant les acteurs publics, afin de favoriser la gratuité de l’accès, et offrir un réseau sans couture, capable de couvrir des villes entières et d’offrir partout le haut débit », mais surtout cela prouve l’implication et la contribution publique dans le développement de réseaux de communication urbains et de technologies de réseaux spécifiques, afin de répondre à des besoins, là où les collectivités avancent peut-être trop lentement ou bien dans une direction qui ne satisfait pas les envies et les besoins des citadins. Par la suite du mémoire, en seconde partie, nous nous attacherons justement à ces points de rupture, de manque, ou ces décalages, qui initient des projets innovants, devançant les usages, les services ou souvent la simple application des TIC dans l’espace public proposés par les collectivités et les opérateurs.

Ce bref récapitulatif a pour objectif de mieux comprendre les usages et les services proposés autour des applications des TIC dans l’espace public. Face à cette évolution, les réseaux de télécommunication actuels « sont moins à considérer comme des « infrastructures lourdes » (si l’on excepte la mise en place progressive des réseaux de fibre optique), que de partir des projets, des usages et des pratiques des utilisateurs de service, pour appréhender les « effets » des réseaux territoriaux ». Cette formulation de Pierre Musso me paraît très juste dans le contexte d’étude ici présent et appuie la méthode d’analyse que j’emploie pour la suite du mémoire.


« Avec le développement multiforme des réseaux techniques de communication, de transport ou d’énergie, les territoires sont réaménagés. En effet, les réseaux techniques aménagent les territoires, mais ne les déménagent pas. Ils ne se substituent pas à eux, mais les anamorphosent en s’entrelaçant avec eux.
Réseaux et territoires se superposent et s’hybrident.
Des relations complexes, difficiles à appréhender et encore plus à représenter, s’établissent entre les territoires et les réseaux. De nouvelles formes de spatialités et de temporalités émergent. »
(Pierre Musso, introduction Le Territoire aménagé par les réseaux)

Deux questions se posent alors à moi :
Comment les TIC modifient-elles la forme et le statut du territoire urbain ?
Qui gère et structure l’organisation de ce territoire et l’implantation de ces technologies ? (Autrement dit, comment dialoguent les acteurs publics et les acteurs des réseaux sur ce territoire commun ?)



STRUCTURE URBAINE EN RESEAU
Ces différentes définitions et descriptions me permettent alors de mieux comprendre comment est définie actuellement la ville.
Cette évolution technique et sociétale des réseaux bénéficie à la structure urbaine. Les villes changent d’échelles et de formes. Je souhaiterais tout d’abord mettre en évidence le fait que les centres urbains ne sont plus uniquement définis par l’architecture (la place au centre de la ville), mais par les activités et les flux. La ville devient un réseau qui possède plusieurs centres, en quelque sorte une arborescence « multipolaire », inspirée de l’image du réseau. Il ne s’agit plus du schéma urbain traditionnel de la ville industrielle avec un centre-ville regroupant commerces, lieux publics et administratifs, et aux périphéries les quartiers d’habitation ; schéma amenant des déplacements pendulaires, à heures fixes, les personnes se déplaçant de leur lieu de travail à leur lieu d’habitation et vice versa. La ville prend la forme d’un réseau transversal, rythmé par la dynamique des flux, plus que par la dynamique architecturale.
L’analyse que fait Pierre Musso de ce phénomène urbain me semble assez juste et apporte des clés de compréhension dans l’analyse des comportements urbains que je dresse au cours de ce mémoire. Cette transformation de la ville et de son organisation amène un brouillage des découpages des zones géographiques, des délimitations et des frontières, des temporalités (déplacement, travail, loisir, etc.). Ce brouillage et cette confusion est due à la mutation des espace-temps urbains. Par ailleurs, soulignons que « la mutation est venue moins des technologies que des comportements » ; nous en reparlerons dans le chapitre suivant.
Ces transformations structurelles et organisationnelles, ainsi qu’en parallèle les progrès techniques et technologiques, ont fait muter le mode de vie urbain qu’ont les citadins, qui, aujourd’hui, n’est plus toujours adapté aux infrastructures urbaines (lourdes à modifier), pourtant conçues au départ pour justement faciliter la circulation des flux de biens, de personnes et d’informations. L’exemple le plus parlant est celui des transports en commun: «Dans les métapoles, en effet, les citadins se déplacent de plus en plus en tout sens, à toute heure du jour et de la nuit, de façons différentes et changeantes selon les jours et les saisons. Les déplacements pendulaires domicile-travail sont devenus minoritaires, de même que les déplacements radiocentriques. Or les transports publics, tramways, trains, bus classiques, ont été conçus sur le modèle « fordien », c’est-à-dire sur un principe répétitif, de production de masse et d’économie d’échelle : le même transport, sur le même itinéraire, pour tous et en même temps » (F. ASCHER 5), tandis que les citadins ont des pratiques aujourd’hui diversifiées. Certaines infrastructures traditionnelles de service public ne sont plus à même de desservir les besoins des habitants de notre société post-industrielle. Ce constat ne constitue pas une tendance lourde, car toutes les villes du territoire français par exemple ne sont pas des métapoles. Néanmoins, François Ascher pointe des enjeux urbains et soulève des questionnements qu’il faut commencer à considérer dès aujourd’hui. La première conséquence de ce paradoxe est l’émergence d’une nouvelle géographie, à la fois spatiale et temporelle, qui conduit à penser la ville non plus comme un espace architectural, mais comme un réseau, avec ses pôles et ses canaux.

« Le développement et l’extension des réseaux ont polarisé les espaces autour de lieux puissants d’échanges ». Pierre Musso n’est pas le seul à l’affirmer, cette structure urbaine en réseau apporte des disparités et des inégalités au niveau de l’aménagement du territoire. Les infrastructures de transport et les réseaux de communication n’évoluent pas à la même vitesse sur l’ensemble du territoire. Les réseaux de communication accompagnent néanmoins l’évolution des transports et inversement. Certains moyens de communication sont à l’échelle du territoire, très répandus, notamment parce qu’ils existent déjà depuis un certain nombre d’années et qu’ils sont favorisés par les politiques locales d’aménagement territorial. Le haut débit et les réseaux de fibres optiques creusent les inégalités entre des pôles très communicants et mobiles et des territoires isolés, oubliés, car non desservis par ces technologies de communication. On parle alors de déterritorialisation.
A l’échelle du territoire national, mais davantage à l’échelle de la ville, les réseaux constituent des « liens de lieux », comme le définit Pierre Musso, et permettent une cohérence et une interdépendance d’une multiplicité de territoires se chevauchant les uns et les autres sur le terrain urbain, dans une géographie spatio-temporelle redéfinie.
Considérant les réseaux de communication et les TIC de la sorte au sein de l’espace urbain, il devient nécessaire de réfléchir aux possibles qu’ils apportent, aussi bien en termes techniques, urbains, politiques, économiques, sociaux et surtout en termes de création.



QUI STRUCTURE LE RESEAU ET LE TERRITOIRE URBAIN
La composante des TIC et la composante du territoire urbain sont deux entités indissociables et interdépendantes. L’une contribue au développement de l’autre et inversement. Pourtant, bien qu’ayant un terrain d’intervention commun, l’urbanisme et les technologies de l’information et de la communication, ont toujours été deux domaines séparés ne se consultant pas dans la planification urbaine.
« Après les vagues successives d’innovations dans la communication, l’énergie et les transports, l’intrication des territoires et des réseaux est telle désormais - territoires et réseaux se définissent réciproquement - que la gouvernance du territoire passe par la maîtrise des réseaux. » L’enjeu soulevé par Pierre Musso est fort et pose de nombreux questionnements auxquels on ne sait plus trop aujourd’hui qui doit répondre. Qui doit gérer par exemple l’implantation du réseau Internet sans fil haut débit dans les rues de Paris ? Un opérateur en télécommunication pour l’infrastructure, La Mairie de Paris pour les services directs qu’elle pourrait alors proposer à ses citadins et pour gérer au mieux ses services publics, un JC Decaux omniprésent pour « accompagner » sur tous les terrains l’habitant d’un point à l’autre de la ville, tandis que l’application grand public première qui en sera faite sera la téléphonie sur voix IP donc gratuite et déjà disponible et nécessitant uniquement la présence d’un prestataire de service Internet, type Skype, Yahoo! ou Google?
Nous l’avons déjà exposé, les possibles de l’apport des TIC sont amplifiables à l’infini (structures de réseaux, appareils connectés, services mis à disposition, interactions et interfaces proposées, etc.), dans un contexte d’espace urbain où tout reste à imaginer et à faire. La pertinence des services et produits proposés sera évaluée au cas par cas, par rapport à l’innovation d’usage et à l’appropriation par les citadins du réseau mis à disposition.
Comme le souligne le programme de recherches Villes 2.0, initié par la Fing et auquel j’ai la chance de participer, dans son manifeste, il est « temps de franchir les anciennes frontières et de faire travailler main dans la main les acteurs de la ville et les opérateurs de télécommunications », afin de faire des propositions pertinentes et de gérer au mieux l’implantation des TIC dans l’espace public urbain.

Proposer des produits innovants et pertinents dans un contexte urbain actuel m’amène à m’interroger sur la pratique qu’ont les citadins de l’espace urbain. En effet, une large partie du marché des communications urbaines leur est dédiée. On a pu voir que les réseaux de communication et d’échanges ont modifié la structure de la ville, en accompagnant toujours sa croissance. De la même manière, ils modifient les pratiques des citadins dans l’espace urbain. Qui pratique l’espace public et comment ?

Aucun commentaire: